Friday, September 5, 2014

Distant Sounds From Kindred Seas

A difficult poem to translate. I seem to have left out the beauty!


LA MORT DU SOLEIL
by Leconte de Lisle

Le vent d'automne, aux bruits lointains des mers pareil,
Plein d'adieux solennels, de plaintes inconnues,
Balance tristement le long des avenues
Les lourds massifs rougis de ton sang, ô soleil!

La feuille en tourbillons s'envole par les nues;
Et l'on voit osciller, dans un fleuve vermeil,
Aux approches du soir inclinés au sommeil,
De grands nids teints de pourpre au bout des branches nues.

Tombe, Astre glorieux, source et flambeau du jour!
Ta gloire en nappes d'or coule de ta blessure,
Comme d'un sein puissant tombe un suprême amour.

Meurs donc, tu renaîtras! L'espérance en est sûre.
Mais qui rendra la vie et la flamme et la voix
Au cœur qui s'est brisé pour la dernière fois?


-- From
POÈMES BARBARES, by Leconte de Lisle.
Alphonse Lemerre, Paris, 1872.

Wednesday, September 3, 2014

The Assassin Century

Another of my attempted translations, this one from Leconte de Lisle.

Aux Modernes.

Vous vivez lâchement, sans rêve, sans dessein,
Plus vieux, plus décrépits que la terre inféconde,
Châtrés dès le berceau par le siècle assassin
De toute passion vigoureuse et profonde.

Votre cervelle est vide autant que votre sein,
Et vous avez souillé ce misérable monde
D'un sang si corrompu, d'un souffle si malsain,
Que la mort germe seule en cette boue immonde.

Hommes, tueurs de Dieux, les temps ne sont pas loin
Où, sur un grand tas d'or vautrés dans quelque coin,
Ayant rongé le sol nourricier jusqu'aux roches,

Ne sachant faire rien ni des jours ni des nuits,
Noyés dans le néant des suprêmes ennuis,
Vous mourrez bêtement en emplissant vos poches.


-- From
ŒUVRES DE LECONTE DE LISLE: POÈMES BARBARES.

Alphonse Lemerre, Paris, sans date (1889?).


Tuesday, September 2, 2014

With its Banners of Bereavement, its Bastions of Basalt

An eerie, decadent poem by Stuart Merrill, with my attempted translation. Any criticism is welcome!


LA CITÉ ROUGE
par Stuart Merrill

Or ce sera par un pays de crépuscule
Où le soleil de pourpre, au ras des horizons
Qu'exhaussent des volcans fauves de floraisons,
Présagera les jours lourds de la canicule.

Un fleuve de flamme y déroulera ses flots
Entre les archipels de lotus et la grève.
Où la vieille Chimère, en l'âpre rut du rêve,
Tordra d'un vain essor ses flancs gros de sanglots.

Parfois, carène noire et cordages funèbres,
Une galère, aux pleurs des tambours et des voix,
Exaltera, le soir, sur sa poupe en pavois,
Le simulacre d'or d'un monstre des ténèbres.

Puis déferlant sa voile au vent des mauvais sorts
Et battant les lointains de l'écho de ses rames
Sur un rythme barbare et bas d'épithalames,
Elle appareillera, pesante d'enfants morts,

Vers la Cité d'amour et de grande épouvante
Dont on ne dit le nom qu'avec des sacrements,
De peur de trépasser en les impurs moments
Où son désir d'enfer hanta l'âme fervente ;

La Cité qui là-bas avec ses étendards
De deuil, ses bastions de basalte et ses morgues,
Leurrera de ses voix de théorbes et d'orgues
Les pas las des Damnés et leurs regards hagards.

Et quand viendront les jours lourds de la canicule,
Les volcans, éclatant en fauves floraisons,
Feront hurler d'horreur, au ras des horizons,
Sodome, la Cité Rouge du crépuscule.


From
LES FASTES
by Stuart Merrill.
Chez Léon Vanier, Paris, 1891. 


A High Cold Star

When it occurs to a man that nature does not regard him as important, and that she feels she would not maim the universe by disposing of him, he at first wishes to throw bricks at the temple, and he hates deeply the fact that there are no bricks and no temples. Any visible expression of nature would surely be pelleted with his jeers.

Then, if there be no tangible thing to hoot he feels, perhaps, the desire to confront a personification and indulge in pleas, bowed to one knee, and with hands supplicant, saying: "Yes, but I love myself."

A high cold star on a winter's night is the word he feels that she says to him. Thereafter he knows the pathos of his situation.


-- Stephen Crane, "The Open Boat," 1897.

Thursday, August 21, 2014

Beautifully described, erotic and just ever so slightly disturbing

Tim Jeffreys has posted a review of my science fiction novella, All Roads Lead To Winter.

What I really wondered, after discovering what the story was about, was whether the author could pull this off convincingly. In my experience, it's one thing to have a weird idea as a writer, but quite another to get the reader to buy into it. I have to say that I was totally convinced by this tale....

There's a depth to the writing that lifts this above being a mere curio... and the characters were well drawn with clear motivations. Mark Fuller Dillon is a talented writer, one to watch. I can't wait to get stuck into his short story collection.

The full review is available at Goodreads.